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Courte bibliographie commentée par
Yves Tabourier
(désolé, la plupart sont difficiles à
trouver
)
- Korzybski A., (1924 -1926) - " Time Binding : the
General Theory - 2 papers " - Institute of General
Semantics, Lakeville, Connecticut
Sans être les premiers écrits de Korzybski,
qui avait publié " Manhood of Humanity "
en 1921, ces deux " papiers " ont vu leur réimpression
différée par l'auteur, qui ne les trouvait
pas assez aboutis, jusqu'en 1949 (à un an de sa mort).
Il y présente pourtant l'essentiel de sa théorie
du 'time-binding', selon laquelle la particularité
de la race humaine est de transmettre son expérience
à travers les âges grâce au langage,
et sa théorie corollaire des niveaux d'abstraction
(phénomènes, perceptions, objets, mots, etc.)
matérialisée par son outil pédagogique
du " structurel différentiel ". Un condensé
des théories de Korzybski dans leur jeunesse.
- Korzybski A., (1933) - " Science and Sanity, an Introduction
to Non-Aristotelian Systems and General Semantics "
- Institute of General Semantics, Lakeville, Connecticut,
nombreuses rééditions.
La " somme " de Korzybski. Un ouvrage géant,
une sorte de bible de la sémantique générale,
heureusement dotée d'un bon index. Impossible à
résumer.
Une table de cet ouvrage peut être trouvée
dans la réédition " Une carte n'est pas
le territoire " de son opuscule " Le rôle
du langage dans les processus perceptuels " (voir la
note bibliographique qui lui est consacrée).
- Korzybski A., (1950). " Le rôle du langage
dans les processus perceptuels " - The International
Non-Aristotelian Librabry Publishing Company, New-York.
Traduit en 1965. Reproduit avec la table de " Science
and Sanity " dans " Une carte n'est pas le territoire
", Editions de l'Eclat.
C'est le dernier écrit de Korzybski. Inachevé
à sa mort, il a été mis en forme par
ses héritiers à partir de ses notes. La pensée
de l'auteur se concentre sur le langage et, après
l'examen de quelques langages primitifs, il y rappelle ses
thèses sur les langages non-aristotéliens,
sur la carte et le territoire, etc. Un condensé des
théories de Korzybski à la veille de sa mort.
C'est aussi le premier (le seul ?) écrit de Korzybski
disponible en Français.
- Le Corbusier (1946) " Manière de penser l'urbanisme
", rééditions : Gonthier, Genève,
1963, puis Denoel.
Au lendemain de la deuxième guerre mondiale, le pays
est à " reconstruire ", au sens propre
du terme. Le Corbusier constate que, dès1941, des
architectectes ont " goûté à l'urbanisme,
et devenant forgerons en forgeant, ils sont entrés
dans l'urbanisme ". Il se propose d'apporter à
ces nouveaux professionnels " une lumière capable
d'éclairer leur démarche ".
L'ouvrage apporte un fil conducteur qui va de l'architecture
à l'urbanisme et à l'aménagement du
territoire. Le lien de l'architecte et de l'urbaniste est
très fort, et c'est la maîtrise des techniques
de construction en hauteur qui va déclencher "
un jeu de conséquences dont les plus importantes
seront l'indépendance réciproque des volumes
bâtis et des voies de communication ". Quant
au lien avec l'aménagement, il apparaît naturellement
avec sa classification des villes, qui le pousse à
relier des " villes concentriques " tertiaires
par des " cités linéaires industrielles
" en un réseau fait de triangles délimitant
des " réserves paysannes ".
" L'indépendance réciproque des volumes
bâtis et des voies de communication ", en particulier,
suggère bien sûr des idées de transposition
aux systèmes d'information et à leur urbanisme.
- Mélèse J. (1972), " L'analyse modulaire
des systèmes de gestion, AMS ", Hommes et Techniques,
Paris
C'est le premier ouvrage de l'école française
de systémique à introduire un " Système
d'information et de mesure " (SIM) partagé par
un " Système de pilotage " et un "
Système technologique ".
Tout part pour Mélèse des finalités
(buts et objectifs), vient ensuite le pilotage, puis la
technologie et, à partir de là, le SIM peut
commencer d'être défini.
Tout l'ouvrage est " évidemment " (pour
ceux qui ont connu Jacques Mélèse) baigné
de systémique et en particulier fortement influencé
par sa récente lecture de " The Sciences of
the Artificial " de Simon, publié en 1969 et
qui ne sera traduit par Le Moigne (" La science des
Systèmes ") qu'en 1973.
On y trouve en particulier les thèses de Simon sur
la connexion entre milieu interne et milieu externe, et
sur la quasi-décomposabilité des systèmes,
le tout revisité au travers de nombreux exemples
de terrain (industriels, mais aussi tertiaires) rencontrés
par Mélèse lors de ses missions de consultant.
Un ouvrage fondateur et éclairant.
- Simon H.A., (1962) - " L'architecture de la
complexité ", Proceedings of the American Philosphical
Society n° 1O6, dec 1962, in " La science des systèmes
", Editions de l'Epi, Paris, 1973, réédité
chez Dunod
Ce papier, intégré comme dernier chapitre
à la célèbre " Science des systèmes
", s'articule en quatre sections, qui s'enchaînent
en une progression quasi inexorable :
Les systèmes arborescents : Simon s'attache à
montrer que la plupart des systèmes sociaux, de nombreux
systèmes physiques et biologiques et les systèmes
de symboles ont cette forme.
L'évolution des systèmes complexes : l'évolution
n'obtient pas un système complexe à partir
de ses éléments les plus fins, mais par un
regroupement de formes intermédiaires stables.
Les systèmes quasi-décomposables : ce sont
des systèmes dans lesquels les interactions entre
sous-systèmes sont, sans être négligeables,
bien plus faibles que leurs interactions internes. Il montre
que les systèmes sociaux et de nombreux systèmes
physico-chimiques sont ainsi.
La description de la complexité : la plupart des
structures complexes offrent une grande redondance, dont
nous pouvons profiter pour en simplifier la description
: " il dépend essentiellement de la façon
dont nous la décrivons qu'une structure soit simple
ou complexe " : bon slogan pour la compression !
Il s'agit là d'un texte très directement exploitable
en raison de l'effort important et réussi de Simon
pour se dégager des métaphores, à la
recherche de l'essence de la structure : une mine pour l'urbanisme
des SI.
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