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Avant-propos
Pierre Marchand, Rolando Guzzi, Isabelle Contini

Le contexte
Sommes-nous toujours dans cette vision de l'entreprise que donnait H. Igor ANSOFF dans " Corporate strategy - 1965" ?
Question de survie, les entreprises du secteur dit privé ou du secteur dit public sont contraintes à développer des politiques d'alliance avec leurs ennemis ou concurrents d'hier. La chute du mur de Berlin symbolisa pour le monde entier de nouvelles alliances possibles entraînant la véritable fin de la guerre froide. De cette dynamique a émergé des solutions nouvelles fondées sur des alliances nouvelles. Ces alliances étant guidées par un but commun, asseoir l'expertise de chacun dans son domaine d'activités en s'appuyant sur la dynamique générée par l'ensemble des alliés. Vrai sur le terrain économique, vrai sur le terrain politique, vrai sur le terrain militaire, vrai sur le terrain des actions, le but commun est bien la question de la survie des organisations ainsi recomposées.
Les alliances de l'entreprise public ne se limitent plus à l'entreprise publique ou institutionnelle ; elle s'étend aussi aux entreprises privées, sous-traitantes.
L'entreprise devient étendue par nécessité.
Dans ce contexte, le concept d'urbanisme appliqué aux entreprises permet de mieux spécifier les besoins induits par ces alliances ; on citera par exemple la nécessité de l'interopérabilité des systèmes d'information.

On dira même, le consensus est en cours, qu'elle tend à devenir de moins en moins visible (au sens optique du terme) qu'elle passe du statut d'entreprise industrielle à celui d'entreprise immatérielle ... et dans forme la plus achevée au statut d'entreprise virtuelle!
C'est dans ce contexte que l'on souhaite introduire l'urbanisme des SI (USI) bien que cette idée, semble-t-il, ait pris naissance avec Béroal de Verville (1841), selon notre collègue J. Joskowicz.
On parle souvent de Colloque sur un " Etat de l'Art ", au sens de ce qui est, ce qui existe, ce qui est construit.
La mise en œuvre est récente. Les balbutiements datent d'une dizaine d'années. Alors pour la majorité des entreprise il n'est pas encore raisonnable de parler d'Art alors qu'il s'agit à la fois, pour ce " domaine " d'un contour ectoplasmique, riche certes et d'un noyau encore dur de sa technologie.
Chercher une démarche scientifique installée serait encore présomptueux bien qu'elle apparaisse dans quelques travaux très spécialisés..
Nous avons également fait le choix de mixer des articles plus simples dans leur expression et des articles respectueux du devoir scientifique. Cette démarche nous semblant plus opérante pour favoriser les échanges inter-mondes que nous avons voulu dans cette initiative.
C'est la raison pour laquelle nous envisageons la confection d'un second CD incluant les minutes du colloque et qui sera donc naturellement enrichi. Il est banal de dire que la variété des points de vue des textes proposés est de nature à favoriser des émergences pour cet Urbanisme des Systèmes d'Information (USI). Nous avons déjà commencé ce travail dans le cadre du comité scientifique mis en place pour le colloque. . Mais nous sommes convaincus qu'ensemble nous pouvons continuer l'aventure

Des thèmes et des articles

Nous avons retenus une série de thèmes :

Problématiques, motivation, enjeux
Point de vue urbanistique (la métaphore)
Aspects économiques
Approches, métiers, ingénierie
Maturité et perspectives
Points de vue et discours sur le S.I
autour desquels les articles ont ensuite été écrits.


Nous avons donc par exemple plus d'articles sur la métaphore de la ville par rapport aux systèmes d'informations et sur l'ingénierie que sur d'autres sujets retenus.
Mais nous avons voulu que chacun puisse donner son point de vue qu'il soit généraliste, de méthode ou parfois de simple opinions, mais aussi d'experts.
Cette entrée en matière est ici donnée pour nous mettre tous en appétit devant la variété des propositions qui sont faites.
Nous avons ainsi voulu mettre le lecteur au sein d'éclairage différents, à l'intérieur d'une transposition , celle de l'analogie à la ville, au modèle urbain.
L'analogie laxiste, la transposition abusive consiste à ne se contenter que d'établir une correspondance formelle entre les objets des deux domaines pour ensuite se permettre d'asseoir une transposition de résultats qualitatifs et de propriétés du premier domaine vers le second.

Dans notre cas, les analogies proviennent de l'urbanisme des villes et de la dynamique des populations en biologie. Des équivalences sont alors établies entre ville, quartier, voirie, immeuble d'une part et réseau d'organismes, entreprises, canaux d'échanges, divisions d'autre part. Au niveau de la biologie, les correspondances portent plutôt sur les assemblées de neurones ou de macro-cellules et sur leurs molécules constituantes.
Plusieurs auteurs vont se prononcer sur la pertinence et l'utilité de la métaphore d'urbanisme de villes, sans doute la mieux fondée puisque dans les deux cas il s'agit d'humains intervenant dans un système d'infrastructures conditionnant leurs activités et leurs échanges. Dans un cas elles sont essentiellement physiques, et, par ce fait, soumises aux lois naturelles, dans le second cas elles sont informationnelles et complètement artificielles. Entre les deux subsistent de nombreux pièges " d'analogie laxiste " tels que les rapports d'échelles entre les composants, les rapports au temps et au pouvoir de transformation des infrastructures d'après leur caractère inertiel (une route est bien plus structurante qu'un disque dur partagé), et les libertés et contraintes sur les comportements des usagers. Ceci dit, il n'est pas étonnant qu'une certaine confusion s'installe dans nos esprits et que la tentation analogique soit forte dans la mesure où l'évolution des Systèmes d'Information amènent progressivement ceux-ci à jouer un le rôle croissant dans la structuration des villes. Cet aspect-là des choses est abordé dans d'autres colloques, forums et publications et il serait souhaitable que les deux communautés se rejoignent en certains points.

En ce qui concerne la question de dynamique de structures inspirée de la biologie, quelques remarques méthodologiques s'imposent également, tant ces thèmes ont été un peu galvaudés dans la littérature dite du " chaos management " :
- il n'est pas encore prouvé, même si cela figure implicitement aux programmes de recherche des labos, que le phénomène humain obéisse totalement aux lois de la matière ; plus nous raffinons nos connaissances, plus nous nous rendons compte que derrière les organisations de la matière se cachent des " programmes purement in-formationnels " (le mot le dit bien) , c'est-à-dire capables de donner de l'ordre à contrario de la tendance entropique ; pour preuve : l'ensemble de nos cellules d'il y a sept ans a disparu et il n'en reste rien dans les nouvelles cellules, c'est un programme, une idée qui gouverne la relative " permanence de notre être "
- ainsi les sociétés et autres organisations humaines ne doivent pas nécessairement être comparées à de la matière biologique passive, bien que même cette passivité reste à démontrer, même s'il est indéniable que leurs règles de fonctionnement soient plus proches des systèmes ouverts loin de l'équilibre que des systèmes mécaniques et critallins
- de plus, même sous l'hypothèse de " l'émergentisme " de la conscience et de l'identité par phénomène d'auto-organisation de grands ensembles, il reste un Lamark contre un Darwin pour nous dire que l'évolution n'est pas qu'une question d'adaptation des meilleurs à l'environnement, ça c'est une vision trop imbibée d'idéologie sociale (cf. l'influence attestée de Malthus sur Darwin) : les organisations sont capables d'influer sur leur environnement et c'est l'articulation des deux influences qui conditionne la survie ; il y a un travail d'inadaptation savante pour maintenir en vie une organisation et c'est de là qu'elle tirera son identité indispensable pour ne pas se fondre dans l'environnement ; et une inadaptation purement symétrique, par simple contre-pied des règles extérieures est encore trop liée à l'extérieur : pour faire une stratégie, il faudra avoir fait le tour des comportements possibles à l'extérieur, les avoir compris c'est-à-dire être capable de les re-simuler intérieurement de manière pertinente, et de se différencier radicalement par rapport à eux : cela explique en partie l'immense effort accordé aujourd'hui à l'innovation
- lorsque l'on utilise le concept d'accroissement d'entropie (ensemble de confirguration internes encore atteignables), il faut faire attention au fait que cet accroissement résulte de l'apport d'un flux d'énergie et de matière potentiellement source d'ordre (voir Prigogine, Les Lois du Chaos) : si le système est suffisemment complexe, il s'auto-organisera, il trouvera une topologie intérieure capable d'utiliser cet apport extérieur d'énergie pour compenser EXACTEMENT (bilan nul) la tendance naturelle de ses sous-systèmes à aller vers leur entropie maximum, vers leur désordre maximum s'ils étaient fermés.


Que soient vivement remerciés ici tous ceux et celles qui ont contribué à ce premier repérage, selon son expérience. Bonne lecture.